Et que la lumière fut de Jacques Lusseyran

4ème de couverture

En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu’il est aveugle et n’a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France.  » Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald.

Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d’un groupe de Russes et à sa connaissance de l’allemand qui lui permettra d’informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d’horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre.

Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans.

Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d’amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l’adversité.

Mon avis :

Ce livre a été écrit en 1961 par Jacques Lusseyran alors qu’il vivait aux Etats Unis. Il a été publié de nouveau en 2005 et est préfacé de son épouse Jacqueline Pardon, résistante elle aussi. Il est rare que je lise des autobiographies mais celle-ci me faisait particulière envie. L’auteur a construit son livre en deux parties : L’eau claire de l’enfance et Mon pays, ma guerre.

Dans la première partie, Jacques Lusseyran retrace son enfance et son adolescence. Il explique au lecteur comment il y perdu la vue dans une cour de récréation lors qu’il n’avait que huit ans. A partir de ce moment là ses parents et lui vont tout faire pour que Jacques réussisse dans la vie. Il va se battre encore plus que les autres et va obtenir son baccalauréat en 1940. Le courage, il le trouvera dans la lumière et dans la foi, « il voit dans son monde intérieur ». Il aura un ami qu’il ne quittera jamais : Jean. Il fuira Paris avec Jean et rencontre Aliette à Toulouse avec Jean. Jean est son double, l’enfant miroir.

Dans la seconde partie, celle qui a mon avis est la plus riche, l’auteur nous fait découvrir ses années de Résistance alors qu’il n’a que 17 ans. Il crée un réseau « Les Volontaires de Liberté », il se rallie à Philippe Vianney fondateur du journal Défense de la France. Il décrit avec force les trahisons, les arrestations et la déportation vers le camp de Buchenwald où il sera envoyé vers le block des invalides. Même si l’auteur souffre de cécité, il ressent la mort qui règne autour du lui, mais ne baisse jamais les bras car il est habité par cette Lumière intérieure. Tous ses sens sont mis en éveil comme par exemple l’ouïe, il perçoit la haine dans les voix, ou encore l’odorat il sent la puanteur qui se dégage de ses blocks.

J’ai été touchée par la mesure prise en 1942 par le régime de Vichy qui a interdit l’accès à Normale supérieure et l’agrégation à un handicapé (quel que soit le handicap d’ailleurs). Voilà pourquoi Jacques Lusseyran a décidé de s’expatrier vers les Etats Unis pour pouvoir exercer le métier dont il avait toujours rêvé.

Je ne mettrai pas de note pour ce livre qui est pour moi simplement un témoignage de l’atrocité de la guerre, mais aussi une belle preuve de courage d’un homme qui croyait en la Lumière intérieure.

 

 

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