Gaspard de la nuit d’Elisabeth de Fontenay

4ème de couverture :

« Il ne se regarde pas dans la glace. Il sourit rarement, ne rit pas, ne pleure pas. Il n’affirme jamais : ceci est à moi, mais seulement parfois demande : est-ce que c’est pour moi ? Il dit rarement je et ignore le tu. Il ne prononce pas mon prénom.
Pourtant, la surprise, lorsque je me vois par hasard dans un miroir, de découvrir ses yeux dans mes yeux m’oblige à présumer une parenté de nos vies secrètes, à conjecturer chez lui une histoire qui aura continué ailleurs et dont je cherche à déchiffrer les trop rares messages, en enquêteuse incompétente, impatiente et inconsolée. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les Editions Stock pour l’envoi de ce roman dans le cadre de la Masse Critique dédiée à la rentrée littéraire 2018. C’est le bandeau  placé sur le livre qui a tout d’abord retenu mon attention « autobiographie de mon frère ». Pourquoi l’auteur a choisi d’écrire une biographie sur son frère ? Pourquoi utiliser le terme autobiographie ?

Elisabeth de Fontenay est une philosophe et essayiste française qui a étudié la question juive et la cause animale. Elle y fait beaucoup référence dans la seconde partie de ce roman. Elle a décidé dans Gaspard de la nuit d’offrir à son frère la biographie qu’il ne pourra pas écrire. C’est avec beaucoup de pudeur qu’elle a choisi de le « dénommer et de le renommer » Gaspard comme le héros du recueil de poèmes Gaspard de la nuit d’Abysius Bertrand paru en 1842. Gaspard est différent, il est handicapé mental, il est plongé dans « l’inconscience de soi, de l’autre et du monde ». Il vit dans son monde et ne laisse transparaitre que peu de sentiments. Chaque petit mot murmuré est synonyme d’une grande victoire. Il est aujourd’hui âgé de 80 ans et vit dans un centre spécialisé.

L’auteur a grandi avec ce petit frère pas comme les autres. Rapidement elle ressent de la jalousie envers son frère , mais à la lecture de ce livre, le lecteur ne peut que ressentir  le lien très fort qui unit cette fratrie. Elle fustige le milieu médical. En effet, à l’époque aucun remède n’a été découvert pour les personnes souffrant d’un tel mal et Gaspard a été victime de l’utilisation intense de neuroleptiques qui dérèglent ses fonctions cognitives. Le malade est maintenu dans un état semi végétatif.

Dans ce roman, Elisabeth de Fontenay fait le parallèle entre les études qu’elle a menées concernant l’extermination des juifs, la cause animale et les conditions de survie de son frère. J’ai trouvé cette partie du texte un peu complexe et j’avoue qu’à certains moments, l’auteur m’a même un peu perdue. Malgré tout, je pense que ce roman peut intéresser des personnes qui ont des connaissances philosophes plus approfondies que les miens.

Ce roman m’a fait sortir de ma zone de confort et j’ai beaucoup apprécié toute la partie narrative.

Ma note : 3.5/5

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